Histoire et Patrimoine

Le Couvent

Histoire

Sur un site occupé dès la préhistoire, Roger de Nuro, évêque du Comminges, fonde en 1151 le prieuré de Saint-Laurent, par l’intermédiaire du prieuré de Boulaur, qui appartient à l’ordre de Fontevraud, rassemblant les religieuses et religieux. Au xiiie siècle, les deux communautés, voisines mais séparées, sont à l’origine de la formation du village.

Au xive siècle, la Pancarte du diocèse de Comminges énumère les droits et les revenus du couvent qui portent sur les paroisses de Saint-Laurent, Montbernard, Montesquieu-Guittaut, Puymaurin, Saint-André, Cassagnabère-Tournas, l’Isle-en-Dodon, Agassac et Mirambeau. Le prieuré est détruit au xvie siècle par des inondations et des incendies. Un nouveau monastère remplace les constructions de brique par des bâtiments de pierre et de terre.

Saint-Laurens de l’Isle en 1770 (Carte de Cassini)
Au xviie siècle, le « couvent », qui suit la règle des franciscaines, connaît son apogée. Il est protégé par la maison mère de Fontevraud, par le roi et par le pape. La commune se nomme alors Saint-Laurent des Religieuses. Au xviiiesiècle, la communauté reçoit en pension les filles de famille de la région. Pendant laRévolution, les religieuses sont dispersées et leurs biens sont vendus. Le village de Saint-Laurent de l’Isle (ou Saint-Laurens de l’Isle) est alors gouverné par les consuls, puis par les maires et prend le nom révolutionnaire de Bellerive sur Save en 1789, puis deSaint-Laurens en 1793. Le nom de la commune Saint-Laurent est officiellement utilisé à partir de 1801.


Le Monument aux morts

Composée de petits et de moyens propriétaires, de nombreux artisans et de brassiers, la population est au xixe siècle active, sinon prospère, jusqu’au xxesiècle où débute le déclin démographique commun à tous les villages du Comminges. Les deux guerres mondiales font respectivement 15 et 2 morts parmi la jeunesse locale.

Ancienne gare de Saint-Laurent


Le village dispose d’une ancienne gare sur la ligne ferroviaire de Toulouse à Boulogne-sur-Gesse, qui a fonctionné à partir du 1er août 1901. Cette ligne, exploitée par la Compagnie des Chemins de Fer du Sud Ouest, permettait en 1902 de rejoindre Toulouse en 4h00 (vapeur), puis en 2h00 (autorail électrique). Devant la concurrence de l’automobile, cette ligne de 98km ferme le 31 décembre 1949 et a été remplacée par la ligne 65 du réseau des bus Arc-en-ciel du département de la Haute-Garonne, effectuant le trajet dans un temps similaire.

A partir de 1982, la population de la commune augmente à nouveau. La qualité de vie au sein de ce village, ainsi que son école et sa boulangerie, attirent de plus en plus de jeunes couples.

De 2000 à 2014, de nouvelles constructions et rénovations d’habitations, permettent à Saint-Laurent de totaliser 163 habitants.

Patrimoine

 

Logo monument historique - rouge sans texte.svg Église inscrite au patrimoine des Monuments historiques, le 30 avril 2001 :

L’Église

L’église de Saint-Laurent est bâtie de briques et de pierres au début du xive siècle selon les techniques de construction de l’époque gothique. Le chevet constitue un vestige de cette première période. L’église est restaurée à l’identique dans les années 1870-1880. Les piliers et les murs de la nef ne sont pas d’aplomb mais penchent vers l’extérieur en s’élevant, corrigeant ainsi l’effet de rétrécissement dû à la perspective Au xxe siècle, elle est garnie d’un mobilier art-déco en ferronnerie : chaire à prêcher et grille des fonts baptismaux dues aux ferronniers du village Pierre et Paul Desbarax (père et fils), datant de 1935. Elle reçoit également un ensemble de peintures dues à René Gaston-Lagorre : en 1938, les panneaux du chœur représentant la Sainte Trinité et la Sainte Famille ; en 1940, le Martyre de Saint-Laurent au revers du mur de façade ; en 1942, les peintures au-dessus des autels latéraux.

Fairytale konqueror.png Plantations de platanes, Pont et Plan d’eau de la Save, Vierge en bois :

Pont de la Save au début du XXe siècle

Site naturel inscrit le 17 juillet 1944, au titre de la loi du 2 mai 1930 sur la protection et la conservation de la qualité des monuments naturels et des sites d’intérêt artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque.

Couvent du xiie siècle :

Fondé en 1151, le prieuré Fontevriste de Saint-Laurent a été un point central dans le développement du village. Jusqu’à la Révolution, celui-ci comptait près de 100 religieux. En 1797, le prieuré et l’église sont vendus à un entrepreneur qui détruit cette dernière pour tirer profit des briques. Adossé au couvent, qui servira de maison d’habitation, le mur ouest de l’église sera sauvé.

Le couvent avant les inondations de 1977

Le couvent aujourd’hui : Mur ouest de l’ancienne église (XIIe), four à pain et tourelles

En juillet 1977, les crues de la Save ravagent la région et inondent le couvent inhabité qui tombe en ruine.

Quelques années plus tard, en 1989, la municipalité et une association de villageois bénévoles et motivés (Saint Laurent Patrimoine) décident d’entreprendre des travaux de rénovation pour enfin remettre à jour ce trésor du passé. Les travaux s’achèvent en 1991, laissant place à des vestiges d’un autre âge, un lieu agréable, calme et fleuri, où les boulistes des après-midi d’été se retrouvent pour une partie de pétanque. Le site aujourd’hui sauvegardé met en valeur un grand mur de brique du xiie siècle et un portail du xvie siècle.

Porte du prieuré (XVIe s.)

Le mur ouest de l’ancienne église abbatiale est percé de deux baies romanes. Cette maçonnerie doit son état de conservation à la qualité du mortier, obtenu avec une chaux vive de première qualité à laquelle sont ajoutés des œufs. Ce mortier résiste notamment à une immersion prolongée.

Le portail était l’entrée principale du second couvent, appuyé sur les ruines du premier établissement. Les bâtisseurs manquant de chaux, les maîtres murs sont en pierres tout-venant liées au mortier d’‘’agasso’’ (mortier de pie), c’est-à-dire de l’argile à laquelle est ajouté un sable dit ‘’de mine’’, silico-calcaire local. La porte est réalisée, sans assemblage, à partir de madriersentrecroisés, assujettis par de forts clous à large tête.

Le canal et ses 3 moulins :

Le prieuré de Saint-Laurent possède son moulin ‘’bladié’’, c’est-à-dire à blé, installé sur le ruisseau de la Houytère, dont le débit est insignifiant et ne peut fonctionner qu’à ‘’l’éclusée’’. Au xviie siècle, l’abbesse entreprend, en accord avec l’évêque de Comminges, la construction d’un barrage ou ‘’pachère’’ sur la Save, ce qui permet l’alimentation régulière d’un canal dit ‘’des trois moulins’’. Le premier de ces établissements est dit ‘’de Montamat’’, du nom de ses derniers meuniers, et se situe au plus près du couvent. Au xixe siècle, sans cesser de moudre, il actionne une filature de laine.

Le deuxième moulin, dit ‘’petit moulin’’, est rapidement transformé en foulon, système mécanique servant à fouler les étoffes de laine.

L’évêque de Comminges se réserve, selon un écrit de 1673, le troisième moulin de Saint-Laurent, le ‘’Moulin Neuf’’ (qui fonctionne alors à plein régime). Au Moulin Neuf, les trois meules sont encore à leur place d’origine, bien que dépouillées de leur habillage de bois. Trois prises d’eau distinctes sont dirigées chacune sur une turbine, ou rouet, qui tourne indépendamment.

Dès le xviie siècle, les trois moulins, disposés successivement sur le même canal, sont l’objet de conflits entre leurs propriétaires respectifs.

Désolé de voir chaque été la Save presque complètement asséchée, le meunier Montamat acquiert, au sommet du coteau, un terrain sur lequel s’élève en 1823 un moulin à vent qui domine le paysage. L’ensemble a depuis été restauré et converti en habitation.

La Maison Haute de la Coutère et le Château de Benqué :

En 1686, le seigneur de La Tour habite dans sa ‘’maison haute’’ de La Coutère. Il possède ‘’ruralement’’ 168 sétérées pour une imposition de 18 livres, allivrement dont il est affranchi en 1693 par un édit de Louis XlV. En 1781, c’est Pierre de Lartigue qui occupe la demeure de La Coutère. A la Révolution, ce dernier propriétaire noble émigre et ses biens sont vendus.

En 1686, le cadastre fait état d’un propriétaire laboureur qui dispose de seize sétérées, un patrimoine considérablement développé par ses descendants. L’un d’eux, Bernard, en tant qu’élu de la période révolutionnaire, se porte ainsi acquéreur de biens nationaux, en particulier des terres et vignes du sieur Lamalathie, prêtre déporté de Montesquieu. Ayant installé dès 1817 une ‘’maison haute’’, la production et le commerce des vins prospérant, les Benqué y ajoutent en 1904 une tour qui transforme le corps de logis en château, affichant l’entrée de la famille dans la haute bourgeoisie rurale.

Le bâtiment Mairie-Ecole :

La Mairie et l’Ecole

Bâti de brique en 1901, il est flanqué du logement des maîtres aux deux extrémités, avec la mairie au milieu. Ce long bâtiment sépare nettement les classes des garçons de celles des filles.

Vestiges archéologiques :

La crue de 1977, qui emporte sur certains champs la couche de terre arable, favorise la mise au jour de vestiges archéologiques. Dans des labours proches de la Save, sur la terrasse immédiate de la rivière, trois vestiges portent l’évident témoignage de l’occupation du site de Saint-Laurent par l’homme à l’époque de la pierre polie :

  • Deux outils en pierre polie (grès) du Néolithique (11,2 x 5,5 cm), dont le plus grand est uneherminette ou une houe selon qu’on le destine au travail du bois ou de la terre. Le second est une hache.
  • Une hache du Chalcolithique en bronze (9,2 x 2,7 cm), qui aurait pu être utilisée comme monnaie par les populations nomades circulant de l’Ibérie vers la Scandinavie pour faire des échanges avec les agriculteurs sédentaires donc ils traversent le domaine.